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PINCEMENTS ET TAILLES DE PRINTEMPS D'UN BONSAÏ
Comment réaliser les pincements et les tailles de printemps sur un bonsaï.
On parle de pincement quand on peut couper la pousse terminale d’un jeune rameau entre la pressant entre un ongle et la pulpe d’un doigt. Cette opération stoppe la croissance de la branche, empêchant son grossissement. Quand la pousse devient trop dure et que les feuilles se sont développées, il faut employer des ciseaux. Dans ce cas, on parle de taille, avec comme objectif de favoriser la ramification.
Comprendre l’arbre
Pour les arbres des régions tempérées, le réveil du printemps est déclenché par deux facteurs : l’élévation de la température moyenne et l’augmentation de la durée du jour. Selon les espèces, ce sont l’un, l’autre, ou les deux à la fois qui interviennent dans l’éclosion des bourgeons.
L’arbre utilise l’énergie accumulée au cours de l’automne précédent pour développer ses feuilles. Elle a été stockée sous forme de glucide dans le tronc, les racines et les branches.
Si, au cours d’une taille de structure ou d’un rempotage, on a éliminé une partie d’entre-elles, les réserves en ont été diminué proportionnellement d’autant : le démarrage de la végétation peut être plus laborieux. De même, un arbre qui a perdu ses feuilles trop tôt ou qui a été malade n'a pas pu stocker beaucoup d’énergie en automne.
Au cours de leur développement, les bourgeons diffusent une phytohormone, l’auxine, qui favorise le développent des racines ; plus le jeune rameau grandit, plus la quantité de cette hormone augmente. Ce mécanisme permet au végétal d’équilibrer ses besoins en eau entre l’évaporation par les feuilles et l’absorption par les racines. Après un rempotage, laisser pousser les rameaux sans les tailler permet au système racinaire de se reconstituer plus rapidement.
Cette forte activité de construction cellulaire mobilise également une grande quantité de nutriments restés dans le sol pendant l’hiver dans un premier temps, ou apporté sous forme d’engrais dans un second.
Un fois les feuilles déployées, le mécanisme de photosynthèse entre en fonction et l’arbre peut à nouveau s’alimenter de façon normale ; les réserves en glucide sont au plus bas.
Prendre en compte l’avancement du bonsaï
Les techniques de pincement et de taille ne sont pas applicables de la même façon selon l’état d’avancement d’un bonsaï : il est nécessaire de les choisir soigneusement en fonction des objectifs à atteindre.
Jeunes plans et prélèvements
Pour les jeunes plans, il s’agit de faire grandir ou grossir le tronc et les banches ; pour les prélèvements, de redonner de l’énergie à l’arbre et de stimuler la pousse des racines.
Dans l’un comme dans l’autre cas, laisser pousser les branches sans pincement ni taille de printemps est la meilleure des solutions : plus les feuilles sont nombreuses et les bougeons apicaux laissés en place, plus l’arbre capte d’énergie et les branches grossissent. Pour les prélèvements, cette approche favorise également le développement des racines.
La sélection sera effectuée au moment de la tailles de structure suivante.
Il est bien entendu utile d’éliminer les bourgeons mal placés, ceux à partir desquels pousseraient des branches inutiles à la mise en forme.
L’apport d’engrais se fait sans restriction. Il fournit les nutriments nécessaires à la construction cellulaire que l’on souhaite être massive.
Arbres en formation
Au cours de la phase de formation, l’objectif est de structurer l’arbre en positionnant, au moins, les branches primaires, qui partent du tronc, et les secondaires, qui s’attachent aux primaires.
La difficulté avec les branches primaires basses est de les faire grossir suffisamment pour que leur diamètre soit cohérent avec celui du tronc, en fonction de leur position sur celui-ci.
La plupart du temps, les arbres ont une dominance apicale et favorisent la croissance des parties les plus hautes. La solution est de laisser pousser les branches basses librement, de façon parfois disproportionnées, sans aucun pincement. Elles seront taillées ensuite.
On peut travailler de la même façon, toujours dans pincement, les branches secondaires en imaginant que la branche primaire est un tronc.
Dans cette phase encore, les bourgeons mal placés sont éliminés.
L’apport d’engrais peut être abondant.
Arbres en phase de raffinement
La phase de raffinement intervient après la construction de l’architecture de l’arbre et consiste à développer les ramifications les plus fines. Elle se place avant que l’arbre soit exposé.
Le pincement permet d’éliminer les bourgeons qui seraient mal disposés sur les branches secondaires et à équilibrer la force de l’arbre sur les ses parties les plus fortes.
La taille de printemps, sur rameau lignifié, favorise une ramification plus rapide. Elle peut être pratiquée deux à trois fois au cours de la saison.
La difficulté principale à ce stade est de limiter la croissance de la longueur des entrenœuds. Une solution consiste à laisser l’arbre démarrer sans apport d’engrais, de laisser pousser les jeunes rameaux que l’on souhaite conserver, de les tailler, et de commencer la fertilisation ensuite seulement.
Arbres matures
Sur un arbre mature, bien qu’on soit amené à le restructurer de temps à autres, l’objectifs principal est de maintenir la forme.
La vigueur de la jeunesse s’est estompée et la lutte contre la dominance est moins d’actualité.
Les pincements sont alors le principal outil dont nous disposons pour équilibrer le force relative des différentes branches.
Si la technique de l’apport tardif d’engrais peut être utilisée, le grand nombre de bourgeons agit également dans le sens d’une croissance plus homogène. Une fertilisation au moment du démarrage de la végétation peut aussi être réalisée.
Principes et techniques
Faire grandir ou grossir
La croissance d’une branche est pilotée par le développement des bourgeons terminaux. Ne pas les pincer permet à la branche de se développer en longueur et en épaisseur.
Le pincement permet de stopper net la croissance de la branche ; seules les plus fortes réémettent des nouvelles pousses au cours de la saison végétative.
Pour faire grandir une branche, on pince la pousse terminale une fois la longueur désirée atteinte.
Pour faire grossir le tronc ou une branche, on ne pince la pousse terminale que lorsque l’épaisseur (et non la longueur) désirée est atteinte.
La branche peut alors atteindre une longueur disproportionnée qui sera corrigée lors de la taille de structure.
Equilibrer les forces
En général, les arbres ont une tendance apicale : ils favorisent les bourgeons situés le plus à l’extérieur.
On pince ainsi
- Fortement les pousses situées au sommet et à l’extérieur de l’arbre (zone forte),
- Moyennement celles se trouvant au milieu de l’arbre et de la ramure (zone moyenne),
- Peu ou pas celles les plus proches du tronc ou au plus près du sol (zone faible).
De cette manière, le feuillage des parties fortes est suffisamment clair pour laisser passer la lumière, et la masse foliaire est plus importante dans les parties faibles de l’arbre, favorisant la photosynthèse et, donc, l’apport d’énergie.
La croissance de l’arbre est ainsi mieux répartie sur l’ensemble des branches.
Pour les quelques espèces à dominance basale (azalées, par exemple), la logique est inversée : ce sont les branches basses qui sont favorisées. Le pincement doit être adapté en conséquence en pinçant plus fortement les branches basses et moins - voire pas du tout - la cime.
Maintenir la forme
Pour maintenir une forme bien établie, il ne suffit pas de réduire l’ensemble des pousses de l’arbre de manière homogène : à terme, les zones moyennes et faibles perdaient en vigueur et pourraient mourir.
On opère donc une taille forte sur les zones fortes, une moyenne sur la zone moyenne et peu ou pas de taille ou de pincement sur les zones faibles.
Limiter la croissance
Les efforts de croissance des arbres sont principalement dirigés vers les zones fortes.
Pour limiter ce développement, le pincement s’effectue logiquement sur ces zones, en laissant les autres se développer sans intervention.
Favoriser la ramification
La taille de printemps permet aux bourgeons de l’année de se développer aux cours d’une seconde (voire une troisième) pousse au cours d’une même saison, permettant ainsi d’accélérer la ramification de la ramure.
Cependant, deux point méritent notre attention.
Le choix du dernier bourgeon laissé sur la pousse détermine la direction de la future branche.
Au-delà du milieu de l’été (fin juillet à mi-août au plus tard), il faut cesser le tailler et se contenter de pincer le bourgeon terminal des branches qui ont tendance à continuer leur développement ; si on continue les tailles de la même manière qu’au printemps, les nouvelles pousses n’auront pas le temps de se lignifier suffisamment avant l’hiver et mourront au cours de cette période.
Farie bourgeonner en arrière
Si le pincement ne permet pas directement le développement de bourgeons latents, il faut garder en tête les techniques le favorisant au moment de ces travaux.
Pour les espèces à développement annuel unique (pins, épicéas), on applique un désaiguillage en automne ou, pour les pins forts seulement, une taille complète des chandelles en fin de printemps.
Pour les autres, on peut envisager une défoliation en fin de printemps, ou une taille sévèrement en fin de printemps ou en fin d’hiver.
Caducs
Caducs (en général)
Le principe général de la taille de printemps des caducs consiste à laisser pousser 4 à 6 entre-nœuds soit 4 à 6 feuilles sur les arbres à feuilles alternes et 8 à 12 dans le cas des feuilles opposées.
On coupe alors le nouveau rameau en y laissant 1 à 3 entre-nœuds.
Erables (Acer)
La croissance des érables est particulière : le premier entre-nœuds s’allonge rapidement au fur et à mesure du développement du nouveau rameau.
Pour éviter ce phénomène, pour une branche que l’on ne souhaite pas voir croitre, on pince le bourgeon terminal dès que le nombre de feuilles souhaité est atteint.
La croissance de la branche est stoppée et le premier entre-nœuds ne s’allonge plus.
Hêtres (Fagus)
Les bourgeons des hêtres éclosent en quelques jours en émettant la totalité des feuilles en une seule fois.
La technique la plus simple et efficace consiste à laisser durcir les tiges et à tailler à 2 à 3 feuilles en choisissant bien l’orientation des bourgeons.
Mélèzes (Larix)
Sur les jeunes pousses des mélèzes, l’identification de l’emplacement des futurs bourgeons est plus difficile que sur les autres espèces caduques.
On laisse la pousse d’allonger jusqu’à l’apparition claire des nouveaux bourgeons sur le rameau.
La taille peut alors être effectuée simplement, de la même façon que sur les caducs.
Pins (Pinus)
Le bon moment
Le bon moment pour pincer les pins est celui auquel les aiguilles, encore recouvertes de leur enveloppe protectrice, commencent à se séparer de la chandelle.
Il permet d’identifier clairement l’emplacement des premières aiguilles, en partant de la base.
La bonne longueur
Le principe est de déterminer, sur l’ensemble du pin, la plus petite longueur de chandelle portant des aiguilles.
Ces plus petites chandelles ne sont pas pincées.
Les autres sont pincée à la longueur des plus petites chandelles, la longueur étant mesurée à partir du départ des premières aiguilles.
On la casse alors à la longueur désirée en maintenant la nouvelle pousse avec les doigts d’une main, pendant qu’avec l’autre main, on tire doucement sur l’extrémité.
Il est également possible d'effectuer cette opération aux ciseaux en prenant soin de ne pas couper les aiguilles elles-mêmes.
Sacs à pollen
Certaines chandelles présentent des sacs à pollen. Sur l’espace occupé par ceux-ci, aucune aiguille ne sera émise.
La longueur à prendre en compte pour le pincement commence donc au-dessus du sac à pollen le plus haut.
Plus de 2 chandelles
Lorsqu’une extrémité présente plus de deux chandelles, on n’en conserve de deux selon la logique suivante :
- dans les parties fortes de l’arbre, on ne conserve que les plus faibles
- dans les parties faibles, on ne conserve que les plus fortes
- on favorise celles partant sur les côtés par rapport à celles dirigées vers le haut ou vers le bas.
Cônes
Comme tous les fruits, les cônes de pin mobilisent beaucoup d’énergie pour leur développement.
Il est donc nécessaire de les supprimer pour réorienter les flux de sève vers la croissance des branches.
Dans le pratique, la majorité d’entre eux est supprimée lors du pincement des chandelles.
Cas particulier : les pins forts
Par pins forts, on entend, les pins noirs et rouges du Japon (Pinus thumbergii et Pinus densiflora).
Le même traitement que les autres pins convient, mais il est possible, s’ils sont en bonne santé, de profiter d’une capacité unique et particulière : celle de bourgeonner deux fois dans l’année.
La technique consiste à attendre que les aiguilles se développent puis à couper la nouvelle pousse à sa base en ne laissant qu'une petite longueur, de l’ordre de 2 à 5 mm.
Quelques semaines après, de nouveaux bourgeons se développent sur la cicatrice. Il faut alors éliminer les excédentaires pour n’en conserver que deux.
Avant l’hiver, de nouvelles chandelles apparaissent : il faut les laisser se développer librement.
Plus le moignon laissé est long, plus les bourgeons mettront du temps à se développer : c’est un moyen d’équilibrer la force des différentes parties de l’arbre.
Autres persistants
Azalées (Rhododendron)
Les azalées ne se comportent pas de la même manière que la grande majorité des caducs : elles n’ont pas de dominance apicale. Pour faire croitre l’arbre en hauteur, il faut donc favoriser les pousses apicales par rapport aux latérales.
D’autre part, les azalées émettent plusieurs pousses à partir d’un même point ; n’en conserver que deux permet une formation plus harmonieuse en évitant un grossissement inesthétique des branches au niveau des fourches.
Ces opérations ont lieu après la floraison.
Epicéas (Picea)
Le pincement des épicéas est réalisé au moment de la seule pousse de l’année : au printemps.
Il consiste à casser la nouvelle pousse à la longueur désirée en la maintenant avec les doigts d’une main, pendant qu’avec l’autre main, on tire doucement sur l’extrémité.
Le moment de l’opération est primordial : si on effectue l’opération trop tard, le nouveau rameau est devenu trop dur. Il s’agit alors de procéder comme pour les mélèzes en recherchant les bourgeons au sein de la pousse de l’année, et de tailler au-dessus.
Genévriers (Juniperus)
Les genévriers poussent en continu au cours du printemps et de l’été.
Le pincement consiste à raccourcir les nouvelles pousses dépassant trop du profil au fur et à mesure de leur apparition.
On casse les nouvelles pousses à la longueur désirée en les maintenant avec les doigts d’une main, pendant qu’avec l’autre, main on tire doucement sur l’extrémité.
Un pincement excessif peut cependant engendrer un affaiblissement significatif de l’arbre. La technique est à pratiquer avec une certaine modération.
Avant / Après
Erables du Japon (Acer palmatum)
Avant
Après
Avant
Après
Ormes (Ulmus campestre)
Avant
Après
Avant
Après
Orme de Sibérie (Zelkova serrata)
Avant
Après
Hêtre (Fagus sylvatica)
Avant
Après
Charmes du Japon (Carpinus japonica)
Avant
Après
Avant
Après
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dernière mise à jour : 1er février 2026