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TABLETTES DE PRESENTATION SUR PIEDS POUR BONSAÏ (DIY)
Comment fabriquer des tablettes sur pieds pour présenter nos bonsaï en exposition.
La réalisation de tablettes sous forme de simple plateau a déjà été traitée dans une autre rubrique de ce site. Elles permettent de mettre en valeur des bonsaï de grandes taille.
Pour des arbres plus petits, il est intéressant de disposer de tablettes plus hautes, sur pieds. Elles exposent ces derniers - et le dessous du plateau pour les plus hautes - à l’observateur.
Un assemblage par des clous ou des vis est toujours difficile à dissimuler. Le mode de construction exposé ici n’en utilise pas : il est «tout bois» et relativement simple à mettre en œuvre avec du matériel présent dans la majorité des foyers.
L’ambition n’est bien entendu pas d’atteindre la qualité du travail d’un ébéniste, mais d’obtenir des tablettes permettant d’exposer des bonsaï au niveau d’un club, voire d’une région, pour un prix de revient unitaire inférieur à dix euros.
Bien que les plans proposent de réaliser des tablettes dont le plateau mesure 43 x 30 cm avec des planches de 18 mm d’épaisseur, la technique est applicable sur toutes les dimensions de plateaux, tant que l’épaisseur des planches utilisées est supérieure à 12 mm et inférieure à 30 mm.
Technique d'assemblage
La technique d’assemblage proposée est la plus simple à mettre en œuvre pour le bois : les tourillons. Elle évite l'utilisation de clous et de vis.
Les fabricants spécialisés proposent des kits permettant le bon centrage des tourillons dans les pièces à assembler.
Ils comprennent une guide d'assemblage, un foret hélicoïdal pour bois, une bague de limitation de profondeur et des tourillons.
Le diamètre des tourillons dépend de l’épaisseur des planches à assembler : 6 mm pour les planches de 12 à 14 mm, 8 mm pour celles de 15 à 18 mm, et 10 mm pour celles de 19 à 30 mm. Si le guide d’assemblage permet d’utiliser plusieurs diamètres, le choix des autres outils est spécifique à chacun d'entre eux.
Les tablettes présentées dans cette page sont réalisées avec des planches de 18 mm d’épaisseur et des tourillons de 8 mm de diamètre.
Le principe est de percer des trous dans le plateau et dans les pieds de manière à pouvoir y positionner un tourillon qui assurera la liaison entre les pièces.
Le parfait alignement des trous est le facteur clé de succès : c’est le rôle de l’outil de guidage. Il permet de guider le foret avec un tube métallique intégré, de percer perpendiculairement à chaque pièce, et l’aligner les trous réalisés dans deux pièces différentes.
Les tourillons sont enfoncés dans les trous avec juste un goute de colle. Le collage des pièces entre-elles n’est pas réellement nécessaire.
Les notices et tutoriels des fabricants étant bien faits et compréhensibles, il n’est pas utile de les reproduire ici.
Un point clé mérite cependant attention : la profondeur des trous.
Un tourillon doit pénétrer d’au moins une fois et demi son diamètre dans la pièce à assembler. Pour la planche de 18 mm d’épaisseur constituant le plateau et un tourillon de 8 mm de diamètre, le trous doit donc avoir une profondeur minimale de 12 mm. Cette dimension est réglée par la bague positionnée sur le foret, avec l'outil de centrage en place.
Une cheville de 8 mm de diamètre mesure 40 mm de longueur. Il reste mathématiquement 28 mm à insérer dans le pied. Le fabricant préconise de laisser un jeu de 6 mm ; en réalité 5 mm suffisent. La profondeur de perçage des pieds est donc de 40+5–12 = 33 mm, toujours sans prendre en compte la pointe du foret.
Plans
Les plans des modèles ci-dessous sont inspirés de tablettes vues dans l’espace de vente d’une grande exposition japonaise.
Les dimensions proposées sont adaptées à la largeur d’un planche de pin de 30 cm.
La hauteur des pieds des tablettes basses vient de la disponibilité de tasseaux en pin de 18 mm d’épaisseur ; le résultat n’est inharmonieux.
La hauteur des pieds des tablettes hautes correspond à un tiers de la longueur de la tablette, ratio qui, la plupart du temps donne un résultat agréable à voir.
Le choix de pieds couvrant la totalité (ou presque dans les modèles 2) de la largeur de la tablette permet de soutenir les fibres du pin sous le poids de pots : elles sont moins rigides que celles des espèces dites nobles (chêne, hêtre, …).
Les plans peuvent être adaptés à des longueurs de tablettes différentes en maintenant un ratio de 0,7 entre la longueur et la largeur, qui correspond aux proportions générales des pots à bonsaï rectangulaires ou ovales.
Préparation des pièces
Choix du bois
Le bois utilisé ici est du pin acheté en magasin de bricolage. Il est disponible en planches dites massives (assemblage de planches en bois plein sur la longueur et collées sur la largeur) d’une longueur de 2,5 m sur 30, 40 ou 50 cm.
Ces planches sont très peu onéreuses mais ne sont d’évidence pas de qualité «ébénisterie» tant pas leur niveau d’humidité (elles doivent être séchées avant utilisation) que par la présence de gros nœuds (parfois sur la tranche) et une découpe qui ne suit pas nécessairement le fil du bois.
Le pin est cependant plus facile à travailler que les espèces « nobles » (chêne, hêtre, noyer, merisier, …) qui sont nettement plus chères, plus difficiles à se procurer, nécessitent des outils de qualité supérieure adaptés à leur dureté, et peuvent poser des problèmes de remontée de tanin lors de l’application de teinte.
L’utilisation du pin permet d’expérimenter la construction en obtenant des résultats assez convaincants à moindre coût avant, si l’envie s’en fait sentir, de passer à d’autres essences.
Découpe
Au moment de découper les planches, il faut garder à l’esprit les notions de bois de fil et bois de bout.
Le bois de fil correspond au sens de pousse de l’arbre, du sol vers de ciel. Une coupe dans ce sens ne fait pas apparaitre les cernes de croissance du bois. C’est le sens privilégié par les ébénistes car la tranche est plus homogène.
Le bois de bout est relatif à une coupe perpendiculaire à la longueur du tronc. Les cernes de croissance sont directement visibles. Les ébénistes cherchent à masquer cette partie dans les meubles, par exemple en habillant le plateau avec un encadrement composé de quatre planches assemblées à 45°.
Dans les modèles proposés, les longueurs des plateaux sont coupées en bois de fil.
Pour les pieds, l’idéal est d’exposer également du bois de fil. Cela fonctionne bien pour les modèles hauts. Pour les modèles bas, la faible hauteur des pieds par rapport à la longueur de la cheville peut entrainer l’éclatement du bois au moment de l'assemblage. C’est la raison pour laquelle une baguette est utilisée. Le bois de bout est alors exposé mais la faible hauteur des pieds rend leur extrémité visuellement moins présente.
Rebouchage
Le bois peut présenter des anfractuosités qui sont traditionnellement rebouchées avec de la pâte à bois.
Malgré les promesses des fabricants, elles régissent différemment du bois lui-même lors de l’application d’une teinte.
Il est préférable de faire des essais et, éventuellement, d’anticiper la couleur finale désirée au moment du choix de celle de la pâte à bois.
Bien entendu, si la finition de la tablette consiste en de la peinture ou une laque opaque, n’importe quelle couleur convient.
Perçage
Le perçage des trous sous le plateau et dans la partie supérieure des pieds est réalisé selon la méthode décrite dans la partie «Technique d’assemblage».
Dans le cas des modèles présentés, 3 chevilles suffisent pour la largeur du plateau.
Au moment de la réalisation des trous, il est plus qu’utile de repérer le sens dans lequel a été positionné le pied au moment de sa mise en correspondance avec le plateau, sous peine de devoir retester plusieurs possibilités au moment de l’assemblage.
Ponçage et usinage
Le ponçage est réalisé par étapes successives avec des papiers abrasifs de grains progressifs de 80, 120, puis 180 à 240 selon le type de finition et les recommandations de son fabricant..
Il faut garder également en mémoire que plus le grain est gros (numéro faible), plus la teinte appliquée au moment de la finition pénètre dans le bois et donne une couleur foncée.
A cette étape, il est également possible de façonner les bords des pièces à l’aide d’une défonceuse ou d’une affleureuse et d'un fraise adaptée. La forme de cette dernière donne une esthétique supplémentaire au plateau.
Un simple chanfrein permet de limiter les dégâts visuels d’un éventuel choc sur l’arrête du plateau.
Assemblage
L’assemblage est réalisé par étapes successives.
Une goutte de colle à bois est déposée dans les trous les moins profonds (sous le plateau) et les chevilles y sont enfoncées le plus possibles, éventuellement à l’aide d’un maillet.
Une goute de colle est également déposée dans les trous les plus profonds (dans les pieds).
Il est possible, sans que cela ne soit absolument nécessaire, d’enduire le champ des pieds d’une fine couche de colle.
Les chevilles positionnées sous le plateau sont ensuite soigneusement positionnées dans les trous des pieds et ces derniers sont enfoncées progressivement en maintenant le parallélisme des surfaces. Quelques coups de maillet peuvent aider à la manœuvre.
Les excédents de colle doivent être enlevés rapidement à l’aide d’une éponge imbibée d’eau tiède.
Après avoir vérifié que les pieds sont bien perpendiculaires, des serre-joints maintiennent l’ensemble le temps que la colle sèche.
Finition
Qu’ils s’appellent «vernis teinté», «huile pour plan de travail», «huile et protection», ou «teinte et protection», les produits simples d’utilisation proposés dans les rayons spécialisés des magasins de bricolage sont nombreux et couvrent une gamme de couleurs assez large. Ils permettent à la fois de teinter le bois et d’y déposer une couche imperméable.
Les couleurs traditionnellement utilisées sont plutôt foncées : chêne foncé, wengé, palissandre, laque noire … mais il n’est pas interdit d’explorer d’autres possibilités en alliance avec la couleur des pots des arbres à exposer.
D’autres produits, utilisés en ébénisterie sont également disponibles (fond dur, vernis, cire, …) mais les premiers satisfont mieux à l’esprit de la fabrication de tablettes avec les planches de pin utilisées ici : simplicité et coûts réduits.
L’application est réalisée au pinceau (ceux destinés à vernir et huiler le bois donnent une meilleure finition).
Le temps de séchage entre deux couches, comme celui pour le séchage complet, dépendent fortement de la température et de l’humidité ambiantes. En hiver par une température de 19 °C, ils sont plus que doublés par rapport aux indications des fabricants.
Les planches utilisées présentent des surfaces inhomogènes (elles ne sont pas de qualité ébénisterie). La teinte est absorbée différemment sur chacune d’entre elles : cela est particulièrement visible là où les fibres du bois ont été sectionnées. Un ponçage (au-delà même de l’égrenage au grain 240 recommandé sur les bidons des produits) est nécessaire entre chaque couche pour obtenir un fini lisse, au même niveau que celui obtenu avant le mise en teinte.
Utilisation
Nos tablettes peuvent présenter des défauts … tout comme nos arbres ou nos pots.
Agissons avec elles comme avec les autres, en présentant le meilleur côté de la tablette face à l’observateur !
Une tablette peut, malgré nos efforts, être un peu bancale. Avec la souplesse du pin, il suffit parfois de mettre en place le bonsaï pour que son poids rétablisse la situation. Au cas où cela ne serait pas suffisant, le placement judicieux d’une petite pastille souple et transparente servant à amortir la fermeture des tiroirs résout le problème.
Au moment de la mise en place du bonsaï, il est toujours préférable de poser le pot directement à sa bonne place sur la tablette, sans le faire glisser, au risque d’en rayer le plateau auquel nous avons consacré tant d’efforts.
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dernière mise à jour : 28 février 2026